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Astrologue Artisan

Cahiers Privés – page 6-

MON FIL DES JOURS

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ENFANCE

 asking man isolated on background

Tous les mercredis, j’allais au caté. La première fois, ce fut la fête dans ma petite tête. Je croyais qu’avec Monsieur l’abbé, j’allais vivre un rêve éveillé : les réponses à toutes mes questions, servies sur un plateau d’argent. Erreur de débutante. J’étais pourtant disposée à boire ses paroles, applaudir à deux mains si besoin, avec standing-ovation, rappel… le package complet de la groupie zélée. Bref, la fan du premier rang, ce devait être moi. C’était surévaluer les compétences de Monsieur l’abbé et surtout, sous-estimer la complexité du sujet.

Dès le premier “cours”, je n’ai pû m’empêcher de comparer Monsieur l’abbé à Maestro. Le capital crédibilité de Monsieur l’abbé s’est alors mis à fondre comme neige au soleil. Primo –détail qui tue- je regrettais d’avoir opté pour le premier rang. Parce que même à deux mètres de mon visage, je sentais son haleine de poney. Deuzio, plus il déblatérait, plus je soupirais en moi-même : “Maestro n’aurait jamais proféré de telles banalités. Maestro n’aurait jamais cherché ses mots de cette façon… Et puis, qu’est-ce qu’il a à postillonner comme ça? Dire qu’il y a encore vingt-quatre heures, j’aurais donné n’importe quoi pour rencontrer cet homme !”

J’en suis sortie le moral en dessous de l’amer. Miser sur les adultes était clairement une fausse bonne idée. J’aurais dû m’en douter. C’est pas comme s’ils avaient la science et la sagesse de Maestro! Désormais, je savais que la connaissance ne courait pas les rues. Partout, je ne croisais que des adultes ignares et pourtant imbus d’eux-mêmes, gonflés de leur propre importance qui m’avaient retiré pour longtemps l’envie de grandir, tant je craignais de finir par leur ressembler. Tout ce que j’avais retenu c’est que les adultes croyaient ou ne croyaient pas en Dieu sans plus se poser de questions. Monsieur l’abbé appelait ça : avoir la foi… ou pas”. J’ai remballé mes questions et je me suis résignée à l’idée que le seul qui puisse me répondre était Dieu lui-même ; si tant est qu’il existe.

Un temps j’ai cru naïvement qu’en insistant lourdement, le “Tout-Puissant” me contacterait. Si bien que pendant la récré, je me rendais régulièrement dans la chapelle de l’école. Je fixais un petit néon rouge censé m’avait-on dit, représenter la présence de Dieu. Et j’attendais. Que faire d’autre? Si j’avais pû, j’aurais bien harceler Dieu en invoquant les droits de l’enfant! Mais bon… Alors j’attendais… j’attendais en vain.

Si Dieu existait, pensais-je, la qualité du réseau était en-dessous de tout. Dieu restait injoignable…

 

A suivre

Annick Ajolet

Astrologue Artisan

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About

Autodidacte passionnée d'astrologie depuis l'âge de 12 ans, Annick Ajolet a approfondi ses connaissances en suivant la formation de Bernard Dubois, astrologue confirmé, qui l'encourage à donner ses premières consultations en 2007. Aujourd'hui, elle signe depuis 9 ans les horoscopes de plusieurs magazines pour le groupe de presse Mondadori. Annick Ajolet se qualifie volontiers d'astrologue "artisan" ; une réalité imposée par le fait que ses thèmes astrologiques sont pré-commandés et édités en série limitée. Car contrairement à la plupart de ses confrères qui éditent des thèmes en un clic à partir de logiciels, elle préfère travailler comme un artisan, même si le rythme est plus lent et le rendement forcément plus faible. Les thèmes qu'elle délivre sont en quelque sorte "fabriqués à la main". Chaque "pièce" est unique...

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2 Responses

  1. Calypso says

    je ne crois pas en Dieu ; mais c’est une façon très cool de réfléchir à tout ça. merci Annick

    • Annick Ajolet says

      C’est exactement le but recherché…