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Astrologue Artisan

CHERCHEZ LA MÈRE

 

« La névrose de l’enfant commence dans l’esprit du parent » Janov

私と、もう一人の私Alors que je potassais ma culture people, je suis tombée sur une photo de Demi Moore posant avec sa fille. Jusque-là, rien de grave ! Hormis un détail : « après la chirurgie esthétique, Demi a trouvé un truc pour paraître jeune : à 51 ans, elle s’habille comme sa fille de 20 ans ». L’air dégouté de la fille à côté de son clone de mère ravie m’a arraché un sourire. Le plus fou, c’est qu’accoutrée ainsi, Demi marquait des points sur sa fille côté physique.

C’est alors que m’est revenue la scène d’une mère et de sa fille venues me consulter : apprêtée comme une mariée, juchée sur 12 cm de talons, dans le rôle de l’avion de chasse, elle (la mère) se recoiffe au cas où. Dominée d’une tête par sa divine mère, dans le rôle du boudin, la fille ; acné, bagues, moustache et sourcils à la Groucho Marx.

En les accueillant, j’ai réussi à concentrer mon trouble en un « bonjour » vaguement chanté.

J’imaginais que le regard de cette mère, à la beauté insultante, posé sur sa fille devait rappeler à cette dernière qu’en plus d’avoir le visage tuméfié par l’acné et la pilosité d’un bonoboo, elle avait aussi le corps de Mariah Carey en fin de grossesse.

La mère jacquetait comme une poule pondeuse tout en regardant sa fille avec la pitié qu’on réserve d’ordinaire aux « miséreux ».

J’avais sous les yeux le spectacle vivant de cette Vénus inaspectée en Vierge (signe pas confort pour Vénus) reléguée en maison 12 (maison de l’héritage familial inconscient) qui m’avait tant donné à réfléchir. Mais face à ce duo mère-fille, tout était devenu clair en une seconde. La mère était trop obsédée par sa propre beauté pour supporter l’idée qu’elle puisse partager la vedette avec une autre femme. Même si cette femme était sa fille.Make-up beauty woman

J’écoutais cette mère plaider, du haut de sa superbe,le cas de sa fille. : mal dans sa peau, inhibée, sans amis, sans projets, sans joie… Je supposais qu’elle n’avait pas vu venir l’idée qu’elle était peut-être pour quelque chose dans le mal-être de sa fille. Depuis toujours, cette pauvre petite avait probablement pris le pli de partager l’attention avec sa mère. Et allez repasser un pli d’enfance !

Je baissais les yeux sur le thème en me demandant comment asséner une nouvelle pareille à cette mère sans que cela lui reste sur l’ego. C’est que ce genre de déclaration peut vous déclencher une dépression. N’importe quel psy vous le dirait pour 50 euros. Quand j’ai relevé la tête, j’ai vu briller dans ses yeux quelque chose qui m’a terrifiée : l’excitation ! De toute évidence, elle était convaincue que j’avais la solution au problème de sa fille. Elle était toute ouïe, prête à tout entendre, sauf ce que j’avais à dire.

Car comment faire passer le message qu’en interdisant à sa fille le maquillage, les talons hauts, les tenues olé olé, bref toute la panoplie de la coquetterie d’une ado de son âge (16 ans), elle -la mère- écartait ainsi toute notion de danger. Aucun risque de se tirer la bourre ou d’être reluquées par le même mec. Au passage, je n’osais pas imaginer combien de séances d’épilation aurait pu se payer la fille rien qu’avec le budget « sac Dior » de sa mère.

Bref, comment lui dire que sa fille souffrait d’un manque d’estime de soi. Qu’elle même était trop excessive pour ne pas avoir souffert de la même chose. Elle le manifestait différemment, par une surcompensation acharnée ; mais mère et fille était bel et bien les pôles opposés d’un même complexe. Et possible que ce problème familial perdurait depuis des générations.

Croyant que j’hésitais alors que j’essayais juste de déglutir mon malaise, la mère me lança ce regard empli de défiance très répandu chez les clients de ma profession. J’allais déclarer forfait en leur conseillant de relire ensemble l’histoire de Blanche Neige et de sa « vilaine » mère quand j’ai croisé le regard suppliant de sa fille qui semblait attendre ma réponse. J’ai donc pris mon courage à deux mains et formulé ma pensée.

-« Madame, pourquoi ne pas réfléchir au fait que vous êtes vous-même impeccablement habillée alors que vous n’autorisez votre fille à porter que des vêtements d’un autre âge ?viso di donna astratto

Que craignez-vous ?

(Silence radio)

Et votre propre mère ?

(déballage immédiat)

Oh, ma mère, si vous saviez. Elle ne s’habillait que de blouses et de tabliers. Exactement comme ma grand-mère. Mais qu’est-ce qu’on pourrait attendre d’autre de femmes qui ne pensaient qu’à briquer leur intérieur… et patati et patata…

Sans le savoir, elle confirmait ce que je pensais. L’amour de soi n’était pas la valeur fondatrice de cette famille. En tout cas, pour ce qui concernait les femmes. L’identité féminine de toute la lignée familiale avait été largement entamée. Et cette pauvre petite n’avait fait qu’hériter d’un problème antérieur à sa naissance. Son propre sentiment de valeur (désigné par Vénus) était si ébranlé qu’elle ne pouvait imaginer que sa mère pouvait l’envier, car que pourrait jalouser une femme aussi magnifique à une fille aussi laide qu’elle ? En réalité, c’est « l’impression « d’être laide qui empêchait cette jeune fille de s’épanouir. Un rab d’estime de soi et cette petite aurait cherché à s’embellir. Mais le problème, c’est qu’elle ne pensait pas mériter cette satisfaction. Plus je parlais, plus je sentais cette jeune fille se détendre., et plus la mère semblait offusquée. Mais après tout, nous étions là pour régler le problème de la fille.

tre donneAprès avoir bien galéré pour formuler ma pensée, la mère, gênée, s’est tournée vers sa fille, attendant j’imagine qu’elle désapprouve mon analyse. Coup de chance pour moi, la fille ne lui a pas accordé ce plaisir.

Allez savoir pourquoi, j’ai fait l’erreur de ne pas en rester là.

D’une voix riche en fibre maternelle pensais-je, j’ai essayé d’ouvrir des perspectives à cette petite en lui assénant que « tout n’est pas perdu :  l’acné, ça se soigne! Les régimes, c’est pas que pour les chiens! Et il y a plus d’une façon de se débarrasser de ce trop plein de pilosité ; le problème c’est pourquoi, le simple fait de prendre soin de toi ne t’a jamais effleuré l’esprit… » Oups’ ! Elle s’est mise à chialer. Je venais de confirmer que pour lui refaire une beauté, il y avait du boulot. Grosse gaffe dans sa gueule !

J’en étais encore à m’excuser quand la mère me jeta le montant de mes honoraires dans les gencives avant de tourner ses talons vertigineux… j’ai remballé mon analyse, et remercié le ciel d’avoir évité le lancer d’œufs pourris…

 

Note personnelle : penser à recevoir les clients un par un ; moins risqué !!!

Annick Ajolet

Astrologue Artisan

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About

Autodidacte passionnée d'astrologie depuis l'âge de 12 ans, Annick Ajolet a approfondi ses connaissances en suivant la formation de Bernard Dubois, astrologue confirmé, qui l'encourage à donner ses premières consultations en 2007. Aujourd'hui, elle signe depuis 9 ans les horoscopes de plusieurs magazines pour le groupe de presse Mondadori. Annick Ajolet se qualifie volontiers d'astrologue "artisan" ; une réalité imposée par le fait que ses thèmes astrologiques sont pré-commandés et édités en série limitée. Car contrairement à la plupart de ses confrères qui éditent des thèmes en un clic à partir de logiciels, elle préfère travailler comme un artisan, même si le rythme est plus lent et le rendement forcément plus faible. Les thèmes qu'elle délivre sont en quelque sorte "fabriqués à la main". Chaque "pièce" est unique...

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3 Responses

  1. Diane says

    Ah c’est pas si simple les consultations ! Merci pour ce post qui nous éclaire sur le métier d’astrologue…

  2. Suzy Wan says

    hilarant, et vraiment très très intéressant!!! j’en veux encore

  3. KumKum says

    Trop drôle, et très instructif